Avec 80 kilomètres chronométrés répartis en cinq spéciales, la troisième et dernière journée du Rallye de Sardaigne ne s’apparentait pas à de la farniente. Accusant un important retard sur le leader, Sébastien Loeb n’avait pas d’autre objectif que d’assurer les points d’une place d’honneur. A l’arrivée de Monte Olia, la première spéciale du jour, le quintuple Champion du Monde se disait fortement gêné par le manque de visibilité : « La poussière n’a pas le temps de retomber ; elle stagne à cause de l’humidité matinale. C’était très dangereux de piloter dans ces conditions, je me suis quasiment arrêté à plusieurs reprises. » Après avoir perdu une poignée de secondes supplémentaires dans Sorilis, Seb regagnait le parc d’assistance d’Olbia en 4e position, avec l’espoir intact de monter sur le podium.

Confronté à des problèmes de turbo en fin de deuxième journée, Dani Sordo était reparti à l’assaut des spéciales sardes avec l’objectif de marquer quelques points pour Citroën. Il rencontrait des problèmes mécaniques similaires : « Nous avons perdu une vingtaine de minutes, notamment parce que je m’arrêtais pour laisser passer les autres concurrents. Je me retrouvais ensuite dans leur poussière… Nous sommes toujours là, c’est l’essentiel. Nous devons rejoindre l’arrivée. »

Après l’assistance, les équipages devaient encore disputer la spéciale d’Arzachena, puis les deux secteurs déjà empruntés aux aurores. Cette fois, le duo Loeb / Elena pouvait attaquer à sa guise et signer un cinquième temps scratch dans l’ultime chrono. Troisième au cumul des spéciales, l’équipage était classé au 4e rang après avoir reçu une pénalité de deux minutes. « Les commissaires sportifs ont estimé que Daniel avait détaché trop tôt son harnais lorsqu’ils se sont arrêtés pour changer la roue dans l’ES11 », explique Olivier Quesnel. « Ils ont également pris en compte le fait que cette manœuvre n’était pas dangereuse dans la mesure où ils roulaient au ralenti. Nous acceptons cette décision. »

Sébastien, quant à lui, pense déjà à l’avenir : « Je suis évidemment déçu que cette belle série de victoires s’arrête, mais cela devait bien arriver un jour. Au moins, on arrêtera de me parler de ce ‘grand chelem’ auquel je n’ai moi-même jamais pensé ! Nos ennuis du week-end prouvent que rien n’est jamais acquis dans ce Championnat, dont les difficultés sont sans égal. Nous devons continuer à travailler pour réopndre à nos adversaires dès le Rallye de Grèce. »

Les turbos de rechange étant contingentés pour la paire de rallyes Sardaigne / Grèce, l’équipe technique passait le moteur de la C4 de Dani et Marc en mode atmosphérique. L’équipage espagnol ralliait ainsi l’arrivée : « Le moteur manquait cruellement de puissance, mais nous arrivions tout de même à nous amuser dans les descentes ! Il fallait aller au bout et nous l’avons fait. Ceci permet à Citroën d’inscrire deux points supplémentaires au Championnat du Monde des Constructeurs. »